| En saison des pluies, le fleuve Gambie
est d'une grande majesté. Il traverse le Parc sur 200 km de
méandres encaissés et ouvre pour le visiteur de profondes
perspectives selon les caprices de ses longues boucles. Ses affluents sont
ici la Koulountou avec sa vaste plaine d'inondation qui stocke l'eau toute
l'année et le Niokolo-Koba qui se tarit progressivement dans la
saison sèche. L'eau est la principale source de vie. Pendant la
saison des pluies l'eau est partout présente. Les pistes deviennent
alors impraticables et la faune disparaît du regard.
C'est pourquoi, dans les conditions actuelles d'hébergement
et d'infrastructures, le Parc est fermé pendant la saison des pluies.
En saison sèche, la Gambie et la Koulountou gardent beaucoup d'eau,
d'où les grands rassemblements d'animaux qu'elles attirent, et
la végétation y prolifère, forêts en rideaux,
fourrés denses, rôniers, grands arbres.
Ces cours d'eau, selon le jeu de leur méandres,
alternent des rives hautes concaves, formant des falaises et des rives
basses, convexes, en pentes douces. Le sol est argileux, d'origine alluviale.
Sur les promontoires des rives hautes, les forêts sont sèches,
des arbres au port altier s'y élèvent comme le Néré
ou le Caïlcédrat. Sur les rives basses, les forêts en
rideau sont denses. Autre particularité du terrain, l'eau de ruissellement
pendant la saison des pluies n'atteint pas le lit du fleuve, du fait de
la présence de levées alluviales, témoins d'époques
lus humides. Ces cours d'eau montrent toujours un lit principal et des
entrelacs de bras morts.
Comme pour les grands fleuves de la région,
les trous d'eau au centre du lit (les biefs) ne sont pas remplis d'eau
croupie. Il existe une circulation souterraine (l'inféro-flux) qui
affleure à ces endroits. Dans ces eaux vivent poissons, mollusques
et crustacés. Et ces biefs sont le paradis des hippopotames. C''est
là, toute la journée, que se tiennent ces gros mammifères
amphibies. Il est impossible de les manquer.
|
Ce sont des animaux très vigilants,
qu'il est dangereux de déranger. Ils quittent le fleuve à
la nuit tombée et vont paître dans les prairies du bord du
fleuve. Au cœur de la saison sèche, ils peuvent s'éloigner
du fleuve jusqu'à une dizaine de kilomètres. ils mangent
jusqu'à 100kg d'herbe par jour.
Terrier de l'Oryctérope
Avec de la chance, on peut apercevoir
sur les plus grands arbres, les Colobes bais, singes très rares
à la robe rouge et noire. Sur les bords du fleuve, on voit souvent
des varans, des tortues, des crocodiles du Nil et toute une population
d'oiseaux aquatiques. Depuis les miradors, vous suivrez les ébats
des différentes espèces de martins-pêcheurs au bleu
profond, du pluvian d'Égypte tant recherché par les ornithologues,
de l'ombrette et des ibis. Mais peut-être, convient-il d'attendre
patiemment l'envol de l'aigle pêcheur qui, lorsqu'il pousse son cri
singulier, traduit à sa façon tout l'esprit du lieu.
Vue sur la rivière Niokolo Koba
Cliquez pour agrandir et sélectionner les
animaux (Image 50 Ko)
|